Janvier 2022
De l'armée... Et des prisons...
Au printemps 1968, après dix ans de république gaulliste, révolte étudiante, manifestations, grandes grèves – les « évènements de mai » – secouent la France. Un service militaire de 16 mois est alors obligatoire pour les jeunes hommes, mais, depuis 1963, après les accords d'Évian mettant fin à la guerre d’Algérie, la loi permet aux objecteurs de conscience d’effectuer un service civil d’une durée double au service armé. Les jeunes gens qui refusent d’effectuer leur service armé sans se déclarer objecteurs, sont incarcérés avec les prisonniers de droit commun. De retour en France courant juin, au sortir des prisons boliviennes*, Henri Vial se place dans ce dernier cas.
Écrits pendant son séjour en prison, ou après sa libération, les textes présentés dans cet ouvrage rendent compte de ses considérations sur l’armée et le service militaire obligatoire, ainsi que sur la justice et l’emprisonnement. À l’heure où la conscription revient en débat et où l’état désastreux des prisons françaises fait régulièrement la une des médias, pages de lutte comme poèmes de prison prennent une nouvelle actualité, stimulante pour notre réflexion.
* Cf. Henri Vial, Du Mexique au Brésil, au temps des dictateurs et du dollar, Atelier d’Édition Bordematin, 2020.